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Publié le 20/02/2017

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La logistique 4.0

Le petit-déjeuner du 1er Février 2017 de la Chaire E.Leclerc/ESCP Europe « Prospective du commerce dans la société 4.0 » avait pour thème : « La logistique 4.0 ». Animé par Michel-Edouard Leclerc et Olivier Badot, les intervenants étaient le Professeur Eric Ballot (Mines Paris Tech), le Professeur Aurélien Rouquet (Neoma Business School) et Chloé Voisin-Bormuth (La Fabrique de la Cité/Vinci).

1. Une logistique de plus en plus plébiscitée

Chaîne d’acteurs très complexe – producteurs, plateformes, grossistes, transporteurs, détaillants, distributeurs -, la logistique reste difficile à maîtriser et suscite de nos jours un regain d’intérêt. En effet, comme l’a rappelé en préambule le Professeur Eric Ballot (Mines Paris Tech), « la logistique sert d’abord à répondre à une demande ».

Aujourd’hui, on assiste à une atomisation exponentielle des flux et des prestations. Différentes problématiques comme l’allongement des distances, la réduction des délais de livraison ou une utilisation partielle des entrepôts et des taux de remplissage insuffisants, démontrent une difficulté à optimiser les moyens logistiques et à anticiper les flux.

De plus, le consommateur devient de plus en plus exigeant, souhaitant le monde à sa porte de manière instantanée, tout en restant écologique et respectueux de l’environnement. Chloé Voisin-Bormuth (La Fabrique de la Cité) rappelle que « Le transport de marchandises à usage privé ou professionnel représente plus d’un tiers des émissions de CO2 en zone urbaine, 50% des particules fines rejetées dans les villes, et 9 à 15% des déplacements de véhicules ».

Une logistique toujours plus efficace est donc au cœur des préoccupations, aussi bien des industriels que des consommateurs. Pour Michel-Edouard Leclerc, l’enjeu ne fait aucun doute : « La logistique est un secteur d’avenir à investir. C’est la clé de la performance de demain. C’est elle qui fait et fera la différence dans le calcul de la valeur d’une enseigne ».

2. « L’Internet physique » au secours de la logistique

Comment recréer de l’efficacité logistique ? Pour le Professeur Eric Ballot, « Rien ne sert de mettre la pression sur les transporteurs (…) : il faut proposer une autre organisation du travail logistique ». La solution serait ainsi de mutualiser et partager les ressources logistiques, interconnecter plusieurs réseaux et les prestations. Eric Ballot cite pour exemple la création de points de partage, d’entrepôts mobiles, des sortes de « ports terrestres » ou encore un retour à un fret ferroviaire groupé. L’installation de boîtes modulaires partagées, comparables aux conteneurs, serait également à prendre en compte.
Selon le Professeur Aurélien Rouquet (Neoma Business School), une « mutualisation entre les enseignes mais aussi entre les consommateurs » présagerait « des chaînes logistiques multipliées et multidirectionnelles ».

L’avenir de la logistique s’écrit d’ores et déjà avec le numérique, « l’Internet physique » comme le précise le Professeur Eric Ballot. L’Internet des objets appliqué aux outils de la logistique (camions, boîtes et conteneurs connectés) offre traçabilité et interactions dynamiques. En la matière, l’Europe propose de nombreuses ressources innovantes : la plateforme Alice, des start-up (Mix, Move, Match en Norvege, le Centre de Routage Collaboratif en France…). Chloé Voisin-Bormuth rappelle par exemple le programme européen d’optimisation du chargement des camions, le Port de Hambourg ou encore la construction de centres mutualisés de consolidation des matériaux de chantiers à Londres.


 

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