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Publié le 07/05/2017

tribune

Affaires Tati Vivarte : l'impuissance structurelle du Gouvernement MACRON

Par Jean-Paul Crenn, fondateur de Webcolibri, cabinet conseil en e-commerce et transformation digitale VUCA Strategy

Thomas Hollande, avocat représentant les salariés de TATI a beau jeu d’annoncer "On espère bien que le nouveau gouvernement va se mobiliser et faire pression sur le groupe Eram pour éviter les licenciements". La réalité est que la distribution physique, telle que nous la connaissons aujourd’hui, amorce une récession structurelle. TATI ou Vivarte ne sont que les prémices d’une vague de licenciements et de désinvestissements massifs dans ce secteur d’activité. Que le gouvernement MACRON – ou autre – ne pourra qu’accompagner et non pas contrer.

Tout simplement parce que c’est nous, les citoyens-consommateurs, qui l’avons décidé.

Dans ce secteur d’activité, le vent vient des USA

Les USA ont été, et restent, une grande source d’inspiration pour la distribution – Gérard MULLIEZ en est l’exemple. Or dans le pays du « Mall » et de « WAL-MART» ce secteur d’activité rentre en récession. Plus de 8 000 magasins devraient fermer leurs portes en 2017 (source : Crédit Suisse, selon The Economist), un niveau qui surpasse celui de 2009 au plein cœur de la récession. Pourtant, aux USA, le chômage est à son plus bas depuis une décennie et les indicateurs de confiance sont au plus haut.

Face à ce désenchantement, investisseurs et employés n’ont qu’une question : jusqu’où peut aller cette baisse ?

Ce mouvement de fond ne se limite pas aux Etats-Unis. Au Japon, les magasins ferment aussi leurs portes. Le Japan Store Association reconnait une baisse d’activité de 30% entre 2000 et 2015. Au niveau mondial, ce sont 192 millions d’emplois qui sont menacés (Source : Eurasia Group)! Les changements d’habitudes des consommateurs français, tout comme celles de leurs homologues japonais ou nord-américains, menacent cette situation. Ils consacrent une plus grande partie de leur budget pour leurs vacances, leurs sorties au restaurant mais aussi pour leurs dépenses contraintes : logement, loisirs numériques. Quand ils dépensent pour leur habillement – un achat typique du shopping – ils ont une propension à chercher des bonnes affaires, à privilégier les soldes ou les articles à bas prix. Pour le bonheur de Zara ou de Primark.

C’est l’irruption du e-commerce qui change la donne

Si la distribution a vécu bien des mutations de ce type par le passé, c’est l’irruption du e-commerce qui change profondément la donne.

En France, la part de la distribution en ligne dans le commerce de détail est passée de près de 2% à plus de 7% en 10 ans. Ces chiffres masquent les dommages irréversibles pour certains secteurs d’activité : 43% des achats de tourisme sont réalisés en ligne, 39% pour les produits culturels, 22% de l’électroménager. Dans l’habillement cette part est en pleine progression : 15% de l’habillement et 11% des chaussures sont achetés sur Internet et la tendance hexagonale suit celle des Etats-Unis qui en sont à 25% pour l’habillement avec une prévision de 40% en 2022 (Source : Cowen and Company).

Alors que les spécialistes de la distribution pensaient que la clientèle privilégierait la socialisation du shopping, le fait de prendre en main le produit ou l’essayer, un nombre toujours plus grand d’acheteurs se satisfait de faire sans, depuis chez eux.


 

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