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Publié le 19/03/2019

tribune

La blockchain a-t-elle perdu la bataille du ROI ?

Une bonne idée suffit-elle à faire de bonnes affaires ? Non, bien sûr et l’histoire de la technologie, et d’Internet en particulier, regorge de projets géniaux – sur le papier – mais jamais correctement monétisés et finalement abandonnés, faute d’utilité avérée, de marché ou de rentabilité.

Passé l’effervescence initiale, toute innovation passe par cette phase critique où elle doit faire ses preuves … ou prendre le chemin du cimetière des révolutions mortes-nées. La Blockchain en est là aujourd’hui. Exit la fièvre des ICO, exit l’adoption enthousiaste par les directions de l’innovation, l’heure est à l’évaluation, par les comex, de son ROI réel. Et la réponse n’est pas évidente.

En effet, pour avoir une valeur business, un projet Blockchain doit satisfaire à 4 critères : s’appuyer sur une solution technologique et un cadre matures ; offrir une valeur utilisateur spécifique par rapport à un système centralisé ; offrir des perspectives de réduction des coûts (ou mieux de nouveau business) ; enfin, faire (nettement) mieux que le système « off-chain » qu’on entend remplacer (et qui est déjà amorti, bien souvent). Or si l’on reprend les perspectives de rentabilité entrevues il y a deux ans, la réalité est décevante. Les cryptomonnaies, de leur côté, sont trop volatiles pour concurrencer les monnaies FIAT et manquent d’un cadre légal pour rallier les grands opérateurs (malgré des initiatives prometteuses comme celle, récente, du JP Morgan Coin). Les projets de nouvelle gouvernance des consortia commerciaux, par ailleurs sont complexes car ils exigent d’aligner des pratiques business inédites sur un cadre technique encore mouvant comme le montrent l’Energy Web Foundation ou R3 dans le secteur bancaire. Enfin la fameuse « disruption du tiers de confiance » se heurte … à l’efficacité, justement, des tiers de confiance existants (des notaires à Euronext), jugés fiables et correctement intégrés aux process dans les économies capables de financer une éventuelle transition.

Ainsi, du côté des monnaies virtuelles, de l’automatisation contractuelle et de la notarisation - trois des familles de cas d’usage jugées initialement les plus prometteurs - le ticket d’entrée pour le nouveau monde de la Blockchain apparait souvent trop élevé par rapport aux bénéfices attendus sur l’ancien. Alors est-ce « l’hiver de la Blockchain » comme le prophétisent certains ? Quelques microclimats locaux laissent d’ores et déjà entrevoir le printemps ; deux cas d’application, en particulier, se détachent nettement.

D’une part, la traçabilité. Aucun système ne permet mieux de « traquer » une filière que la Blockchain. Outre l’absolue fiabilité des données, elle permet de suivre d’innombrables indicateurs (provenance, qualité, impact climatique et carbone …), de les restituer de façon diversifiée (du QR code à l’explorateur de blocs) et de les valoriser tout au long de la chaine beaucoup plus efficacement que les labels ou les certifications actuels. Ainsi, grâce à la Blockchain, un même outil permet de structurer un réseau clients fournisseurs, d’alimenter le rapport RSE et de sécuriser le consommateur final. Les initiatives B-to-B, par exemples appliquées au suivi de produits agricoles (mais pas seulement), sont déjà solides et la diffusion au grand public imminente. Le ROI va de l’amélioration des supply chains (partout) à des ventes additionnelles (dans les secteurs en crise de confiance). On pense bien sûr à ceux touchés par la contrefaçon (luxe, médicaments, pièces de rechange …) ou par le manque de lisibilité (environnement, énergie, agro-alimentaire …). Les acteurs qui restent à l’écart du mouvement se mettent clairement en risque à terme.


 

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